Dix-sept ans après l’adoption de la loi sur la protection de l’enfant, le gouvernement congolais entame une évaluation de son application sur le terrain. À Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uélé, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a présidé un atelier provincial consacré à cet exercice, tout en lançant officiellement la cellule technique de la masculinité positive.
Le jeudi 8 janvier 2026, la ville d’Isiro a accueilli la ministre dans le cadre d’une mission à double objectif à savoir mesurer l’impact de la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 relative à la protection de l’enfant et renforcer les mécanismes communautaires à travers l’approche de la masculinité positive.
À son arrivée, Micheline Ombae Kalama a rappelé que cette démarche s’inscrit dans les priorités stratégiques définies par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
« La question du genre, de la famille, de l’enfance et de la jeunesse constitue une priorité pour le chef de l’État. C’est dans cette optique que nous venons évaluer, dix-sept ans après sa promulgation, la loi sur la protection de l’enfant », a-t-elle déclaré.
Adoptée en 2009, cette loi constitue un socle juridique majeur pour la protection des enfants contre les violences, l’exploitation, les abus sexuels, le travail forcé et les mariages précoces. Toutefois, son application demeure inégale sur l’ensemble du territoire national. Dans des provinces comme le Haut-Uélé, des défis persistants notamment l’insuffisance de moyens, le faible niveau d’appropriation communautaire et certaines barrières socioculturelles continuent de freiner la pleine effectivité des droits de l’enfant.
Face à ces obstacles, la ministre a appelé à une mobilisation collective. Elle a exhorté les autorités locales, les acteurs communautaires et les familles à s’approprier davantage cette loi afin d’en faire un outil concret de protection, aussi bien en milieu urbain que rural.
En marge de cet atelier, Micheline Ombae Kalama a procédé à l’installation officielle de la cellule technique mixte de la masculinité positive. Cet organe a pour mission d’impliquer activement les hommes dans la lutte contre les violences basées sur le genre, de promouvoir une paternité responsable et de favoriser un environnement familial plus équilibré et protecteur.
Cette initiative marque une étape importante dans la redynamisation des politiques publiques en faveur de l’enfance en RDC. La mission ministérielle à Isiro illustre la volonté du gouvernement de renforcer le dispositif national de protection de l’enfant tout en adaptant les stratégies aux réalités locales.
Des évaluations similaires pourraient être menées dans d’autres provinces afin d’assurer une mise en œuvre plus efficace et harmonisée de la loi sur l’ensemble du territoire national.
Caroline Kaja







