Crise sécuritaire à l’Est : Kinshasa alerte Luanda après la chute d’Uvira

Face à l’aggravation de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a dépêché un émissaire spécial en Angola. Le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni Isiloketshi, a été reçu le vendredi 12 décembre à Luanda par le président angolais João Manuel Gonçalves Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine.

Selon la présidence angolaise, l’émissaire congolais était porteur d’un message exprimant la vive préoccupation de Kinshasa après la prise de la ville d’Uvira par la rébellion AFC/M23, soutenue par l’armée rwandaise. Cette évolution intervient alors que plusieurs initiatives diplomatiques sont en cours, notamment sous l’égide des États-Unis, du Qatar et de l’Union africaine.

À l’issue de l’audience, Floribert Anzuluni a indiqué que le chef de l’État congolais alertait son homologue angolais sur la détérioration rapide de la paix et de la sécurité dans l’est du pays. Cette situation, a-t-il souligné, menace directement l’accord de paix signé récemment à Washington entre Kinshasa et Kigali, en présence du président Lourenço en tant que témoin.

La chute d’Uvira représente un revers stratégique majeur pour le gouvernement congolais. Considérée comme un point névralgique du dispositif sécuritaire dans le Sud-Kivu, la ville renforce désormais l’emprise de l’AFC/M23 dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Son contrôle ouvre également un couloir potentiel vers le Grand Katanga, une région clé pour l’économie nationale.

Cette nouvelle escalade survient paradoxalement peu après l’entérinement des accords de Washington, censés consolider le cessez-le-feu et favoriser une désescalade durable entre la RDC et le Rwanda. Au lieu de l’apaisement attendu, les tensions se sont accentuées, Kinshasa et Kigali s’accusant mutuellement de violations et de responsabilité dans la dégradation actuelle de la situation.

Pour rappel, après la prise de Bukavu en février 2025, les autorités congolaises avaient désigné Uvira comme siège provisoire des institutions provinciales encore sous contrôle de l’État dans le Sud-Kivu. La perte de cette ville est perçue par plusieurs observateurs comme un signal négatif fort adressé aux efforts diplomatiques internationaux, certains y voyant même un camouflet infligé aux médiateurs, quelques jours seulement après la signature des accords de paix.

Joël Tshim’s

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