Le ministre de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévention, le docteur Roger Samuel Kamba, est convoqué ce lundi 24 novembre à l’Assemblée nationale. Il devra s’expliquer devant les députés sur la progression notable des interventions esthétiques de type Brazilian Butt Lift (BBL) à Kinshasa, un phénomène qui suscite de vives inquiétudes au sein de la classe politique comme de la société civile.
À l’origine de cette interpellation : une question d’actualité introduite par le député national Guy Mafuta. L’élu de Tshikapa alerte depuis plusieurs semaines sur la multiplication de ces opérations souvent réalisées dans des structures clandestines, par des individus non qualifiés et dans des conditions sanitaires jugées dangereuses. Il réclame du gouvernement une prise de position claire et des actions concrètes pour répondre à la prolifération de ces pratiques esthétiques non encadrées.
Dans sa correspondance au bureau de l’Assemblée, Guy Mafuta insiste sur la nécessité d’un contrôle renforcé des établissements privés qui proposent des actes de chirurgie esthétique, un secteur encore très peu régulé en République démocratique du Congo. Il appelle également à la mise en place de campagnes de sensibilisation pour informer les Kinois des risques parfois mortels liés aux BBL réalisés sans supervision médicale adéquate.
La plénière de ce lundi devrait offrir aux députés l’occasion de comprendre les mesures envisagées par le ministère de la Santé pour encadrer cette tendance en plein essor et protéger la population. Plusieurs élus estiment qu’un dispositif légal plus strict s’impose désormais, au vu des incidents signalés dans la capitale.
Le BBL, qui consiste à injecter de la graisse prélevée sur le corps du patient dans la région fessière, est connu pour être l’une des procédures esthétiques les plus risquées au monde lorsqu’elle est mal exécutée. Des complications sévères infections, embolies graisseuses, hémorragies ont été rapportées dans plusieurs pays, y compris dans des environnements médicaux mieux régulés que ceux de Kinshasa.
Pour Guy Mafuta, cette interpellation doit ouvrir un débat national sur les dérives de la chirurgie esthétique dans le pays et sur la responsabilité des autorités sanitaires dans la protection des citoyens. Les réponses du ministre Kamba sont particulièrement attendues, alors que les opérations BBL continuent de gagner du terrain dans la capitale malgré les alertes répétées des professionnels de santé.
Joël Tshim’s







