Dès l’annonce par le gouvernement congolais de sa volonté d’accueillir des migrants en situation irrégulière en provenance des États-Unis, les réactions se sont multipliées au sein de la classe socio-politique congolaise.Parmi les voix critiques, Jean-Claude Katende, président de l’Association Africaine de défense des Droits de l’Homme (ASADHO) ,dénonce une décision qu’il juge à la fois « irréaliste » et potentiellement lourde de conséquences pour la République démocratique du Congo.
Dans une déclaration rendue publique, ce lundi 6 avril, cet acteur de la société civile estime que cette décision, prise dans le cadre d’une coopération avec États-Unis, est « irréaliste » et susceptible d’exposer la République démocratique du Congo à de multiples risques sécuritaires et structurels.
Selon lui, cette hospitalité, encouragée à l’époque par la communauté internationale, aurait contribué à déstabiliser durablement l’est du pays. Il rappelle que cette situation a été exploitée par le Rwanda comme justification d’interventions répétées sur le territoire congolais.
Dans ce contexte, le président de l’ASADHO considère que la décision actuelle reproduit les mêmes erreurs. Il déplore que le gouvernement accepte de recevoir des « ressortissants de pays tiers » relevant des mécanismes migratoires américains, alors que, selon lui, le pays peine déjà à contrôler ses propres frontières.
L’activiste met également en cause les capacités de l’administration congolaise, qu’il qualifie de « corrompue et inefficace », à gérer un afflux supplémentaire de populations étrangères. À ses yeux, une telle situation pourrait aggraver l’insécurité déjà perceptible dans plusieurs centres urbains du pays.
Par ailleurs , Jean-Claude Katende appelle à une mobilisation citoyenne contre cette décision, qu’il juge contraire aux intérêts des populations congolaises. « Nous devons nous lever tous contre cette décision », a-t-il insisté, estimant qu’elle ne présente aucun bénéfice tangible pour le pays.
Mathieu Kayemba
Accueil de migrants en RDC : Jean-Claude Katende dénonce une décision « irréaliste » et risquée







