Plusieurs civils ont été tués dans la nuit du 1er au 2 avril 2026 lors d’attaques attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF) à Mambassa, dans la province de l’Ituri. Ce nouvel épisode de violence a suscité de vives réactions au sein de la classe sociopolitique congolaise. Parmi les voix les plus critiques, Prince Epenge, porte-parole de la coalition Lamuka et président du parti ADDCONGO, a exprimé son indignation face à ce qu’il qualifie d’« inaction » des autorités congolaises.
Selon lui, il est inacceptable que le gouvernement mobilise des moyens logistiques pour accueillir les Léopards de la RDC, récemment qualifiés pour la Coupe du Monde 2026, alors que, dans le même temps, les victimes des violences à Mambassa ne bénéficient ni d’un deuil national ni d’une prise en charge adéquate.
« 60 civils congolais tués, massacrés et découpés par les ADF à Mambassa (Ituri) le 2 avril 2026. Félix Tshisekedi ne décrète pas un deuil national, mais son gouvernement mobilise plutôt des fonds et des bus pour les festivités à l’aéroport, alors que les corps des victimes manquent de cercueils et que les rescapés sont abandonnés sans assistance », a-t-il dénoncé.
D’après plusieurs sources concordantes, plus d’une centaine de civils ont été tués en l’espace de deux mois dans la province de l’Ituri, devenue l’un des principaux foyers d’insécurité dans l’est du pays. Le territoire de Mambassa enregistre une recrudescence particulièrement préoccupante des attaques.
Les mêmes sources signalent également une progression des assaillants vers la chefferie des Bandaka, avec une expansion le long d’axes stratégiques, notamment en direction de Kisangani, dans la province voisine de la Tshopo.
Il convient de rappeler que, depuis novembre 2025, les ADF imposent des formes de taxation dans certaines zones sous leur influence. Ces attaques sont par ailleurs revendiquées par la branche dite « province d’Afrique centrale » du groupe État islamique. Dans ce contexte, des interrogations persistent quant à la rapidité et à l’efficacité de la riposte des forces armées de la République démocratique du Congo.
Mathieu Kayemba







