Le sommet régional Ukweli Summit s’est ouvert ce lundi 30 mars à Kinshasa. Organisée par Eleza Fact, cette rencontre de deux jours réunit des professionnels des médias ainsi que des acteurs issus de différents secteurs de la société. Cette première édition se tient autour du thème : « Repenser l’information en temps de crise : l’intelligence artificielle et l’éducation numérique pour les cinq prochaines années ».
Dans son mot d’ouverture, Nadine Kampire, l’une des organisateurs de l’événement, a mis un accent particulier sur la problématique de la désinformation en période de conflit. Elle a tenu à clarifier l’ambition de cette initiative qui rassemble des médias, des experts en fact-checking des pays de la région des Grands Lacs ainsi que des représentants de la société civile.
« Notre ambition pour ce sommet est de créer une synergie entre les gouvernements, les médias, les experts, la technologie et la société civile afin d’identifier des solutions adaptées aux défis auxquels nos sociétés sont confrontées », a-t-elle déclaré.
Selon elle, l’Afrique centrale, en général, et la région des Grands Lacs, en particulier, font face à des crises majeures marquées notamment par des conflits armés et communautaires. Ces tensions, a-t-elle souligné, ne se déroulent plus uniquement sur le terrain, mais également dans l’espace numérique.
« La désinformation, exacerbée par les conflits et certaines ingérences, est devenue un véritable poison qui fragilise la cohésion sociale, alimente les tensions ethniques et installe le doute au sein des populations au moment même où elles ont le plus besoin d’informations fiables », a ajouté Nadine Kampire.
Prenant la parole dans la même dynamique, le président de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), Kamanda Wa Kamanda Muzembe, a estimé que la désinformation constitue aujourd’hui un facteur aggravant des crises. Selon lui, elle alimente les conflits, fragilise la cohésion sociale et compromet les efforts de paix. « Elle manipule les consciences, attise les tensions et, dans certains cas, peut même servir d’outil de recrutement pour la guerre », a-t-il averti.
Le président de l’UNPC a également relevé les conséquences de la désinformation dans le domaine sanitaire. D’après lui, la propagation de fausses informations lors des crises de santé publique peut affaiblir la réponse des institutions sanitaires et exposer davantage les populations vulnérables.
Par ailleurs, les différents panélistes intervenus au cours de la première journée ont appelé les professionnels des médias à renforcer les mécanismes de vérification des informations avant toute diffusion. L’objectif, ont-ils insisté, est de réduire significativement la propagation de la désinformation sous toutes ses formes.
Mathieu Kayemba
Médias, IA et éducation numérique : le sommet Ukweli s’ouvre à Kinshasa sur fond de défis informationnels






