Sud-Kivu : un rapport alarmant de OCHA révèle une crise humanitaire majeure entre violences, déplacements et épidémies

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Un nouveau rapport publié le 24 mars 2026 par OCHA dresse un tableau particulièrement préoccupant de la situation humanitaire dans la province du Sud-Kivu. Entre violences armées persistantes, déplacements massifs et flambée d’épidémies, la province est confrontée à une crise multidimensionnelle de grande ampleur.

Les affrontements entre groupes armés continuent de secouer plusieurs territoires, notamment Kalehe, Uvira, Fizi, Kabare, Walungu et Shabunda. Rien qu’au mois de février, des dizaines de milliers de civils ont été contraints de fuir leurs habitations. À Kalehe, les combats ont fait au moins 16 morts et provoqué le déplacement d’environ 20 000 personnes, tandis que Walungu et Shabunda enregistrent également plus de 20 000 déplacés vivant dans des conditions précaires, souvent sans accès aux besoins essentiels.

Au total, le Sud-Kivu compte aujourd’hui environ 1,25 million de déplacés internes. À cela s’ajoutent près de 995 000 retournés qui tentent de reconstruire leur vie dans un environnement toujours instable. La situation alimentaire demeure critique, avec près de 1,99 million de personnes en insécurité alimentaire sévère (IPC3+), malgré l’assistance apportée à plus de 193 000 bénéficiaires.

Sur le plan sanitaire, la province fait face à plusieurs épidémies simultanées. En février, 891 nouveaux cas de mpox ont été recensés, en plus de 1 222 cas de choléra ayant causé 8 décès, et 2 633 cas de rougeole ayant entraîné 19 morts. Bien que près de 14 500 personnes aient pu accéder à des soins de santé essentiels, l’accès reste limité dans plusieurs zones en raison de l’insécurité persistante et du manque de médicaments.

Les femmes, les enfants et les personnes déplacées figurent parmi les plus touchés. Des milliers de familles vivent dans des sites improvisés ou au sein de communautés d’accueil, exposées à des risques accrus, notamment de violences sexuelles. Dans le territoire d’Uvira, une évaluation menée par l’ONG ACTED a identifié plus de 77 000 personnes particulièrement vulnérables, confrontées à l’insécurité alimentaire, au manque d’abris et à un accès très limité aux soins.

Malgré les efforts des organisations humanitaires — avec plus de 19 000 personnes ayant bénéficié de soins gratuits, la prise en charge de milliers d’enfants malnutris et la distribution d’aides alimentaires, de semences et de transferts monétaires — les besoins dépassent largement les capacités d’intervention. L’accès humanitaire reste fortement entravé par l’insécurité et la dégradation des infrastructures routières, notamment sur la RN3 et plusieurs axes secondaires.

Face à l’ampleur de la crise, OCHA appelle à une mobilisation urgente autour de plusieurs priorités : sécuriser l’accès humanitaire, renforcer l’assistance aux déplacés, intensifier la réponse sanitaire et assurer la protection des populations les plus vulnérables.

Alors que les besoins humanitaires ne cessent d’augmenter, les ressources disponibles restent insuffisantes. Sans une réponse renforcée des acteurs nationaux et internationaux, la situation risque de se détériorer davantage dans les mois à venir. Le Sud-Kivu demeure ainsi l’un des principaux épicentres de la crise humanitaire en RDC, où des millions de vies dépendent encore de l’aide d’urgence.

Kanoba Obadias

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