Révision de la Constitution : Emery Okundji appelle la classe politique à éviter la radicalisation

You are currently viewing Révision de la Constitution : Emery Okundji appelle la classe politique à éviter la radicalisation

La sortie médiatique du deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, sur la question de la révision de la Constitution continue de susciter des réactions au sein de la classe politique en République démocratique du Congo.

Alors que certains cadres de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) évoquent l’idée selon laquelle le chef de l’État, Félix Tshisekedi, serait investi d’une « mission » allant au-delà d’un simple mandat et appellent à un éventuel changement de la Constitution, Bahati Lukwebo a tenu à rappeler le cadre institutionnel actuel.

Selon le président de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A), le président de la République dispose d’un mandat clairement défini par la Constitution.

Pour le sénateur, le problème en RDC ne réside pas dans les textes juridiques, mais plutôt dans leur application effective.
Ces propos ont suscité plusieurs critiques dans l’espace politique. Une situation que déplore l’ancien député national Emery Okundji, qui s’est dit « totalement indigné » par les réactions visant le deuxième vice-président du Sénat.

Pour lui, le débat sur l’avenir institutionnel du pays doit rester dans le cadre normal de la démocratie.

« En démocratie, il doit y avoir une véritable confrontation des idées et des programmes. Mais lorsque l’on ne supporte plus cette confrontation des idées, on se dirige tout droit vers une dictature, vers la pensée unique », a-t-il réagi.

Selon Okundji, Bahati Lukwebo n’a fait qu’exprimer librement son opinion sur une question qui concerne l’ensemble de la nation. Il estime qu’il serait dangereux de transformer l’expression d’une opinion politique en motif de condamnation publique.

L’ancien parlementaire rappelle également que l’histoire politique congolaise, notamment depuis la Conférence nationale souveraine jusqu’au Dialogue intercongolais de Sun City, a toujours exprimé la volonté du peuple de privilégier des institutions fortes plutôt que des hommes forts. Cette vision, souligne-t-il, se reflète dans la Constitution promulguée le 18 février 2006 et révisée en 2011.

« Nous n’accepterons plus jamais dans ce pays que la pensée, la parole et les actions d’un homme deviennent force de loi », a-t-il prévenu.

Emery Okundji appelle enfin la classe politique congolaise à éviter toute radicalisation du débat autour de la Constitution, estimant que cette question nécessite une large adhésion nationale afin de préserver la volonté commune de bâtir, au cœur de l’Afrique, un État de droit fondé sur une véritable démocratie politique, économique, sociale et culturelle.

Caroline Kaja

Laisser un commentaire