La Cour militaire de Kinshasa/Gombe a tenu, jeudi 5 mars 2026, la deuxième audience du procès opposant le ministère public à Philémon Mambabwa Zebo, cadre de l’Agence nationale des renseignements (ANR), ainsi qu’à plusieurs autres accusés. Cette affaire fait suite aux violences dénoncées par l’ancienne ministre des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, dont les enfants auraient été agressés.
Contrairement à la première audience à laquelle il n’avait pas pris part, Philémon Mambabwa Zebo a cette fois comparu devant la juridiction militaire. Après un bref échange entre les différentes parties, les juges ont décidé de renvoyer la poursuite du procès au 12 mars prochain.
La Cour a également annoncé que les prochaines audiences se tiendront à la prison militaire de Ndolo. Cette décision est motivée par l’insuffisance d’espace dans les locaux actuels de la juridiction, jugés inadaptés pour accueillir dans de bonnes conditions les avocats,les journalistes ainsi que le public.
Au cours de l’audience, les avocats de la défense ont sollicité que les médias ne soient pas autorisés à suivre les débats. Selon eux, la position occupée par leur client au sein de l’ANR et la nature sensible du dossier justifieraient une certaine discrétion. Ils ont notamment évoqué des éléments relevant de la vie privée et la présence de mineurs parmi les personnes concernées.
La défense a également accusé la partie civile de diffuser sur les réseaux sociaux des informations liées à l’affaire, ce qui pourrait influencer l’opinion publique avant même que la justice ne se prononce.
Le président de la Cour militaire, Kilensele Muke Jean-Robert, n’a cependant pas donné suite à cette requête. Il a rappelé que les journalistes ont le droit d’assister aux audiences. Il a toutefois indiqué que certaines séquences pourraient être exceptionnellement traitées à huis clos si les circonstances l’exigent.
Le magistrat a également assuré que la juridiction se prononcera uniquement sur la base des faits présentés et des arguments avancés pendant le procès, indépendamment de toute pression extérieure.
Lors de cette audience, d’autres personnes mises en cause, notamment des policiers chargés de la sécurité du responsable de l’ANR, étaient assistées de leurs avocats. Ces agents sont accusés d’avoir participé aux violences contre les enfants de Marie-Ange Mushobekwa.
Leurs conseils ont sollicité un délai pour examiner le dossier, mais la Cour n’a pas retenu cette demande. La partie civile a insisté pour que la procédure avance rapidement afin de permettre à la justice de se prononcer dans les meilleurs délais.
Avant l’ouverture de l’audience, certains individus se présentant comme membres de l’ANR auraient tenté d’empêcher des journalistes de filmer ou de prendre des photos lorsque l’accusé principal se présenterait devant la Cour. Cette situation a suscité une certaine inquiétude parmi les professionnels des médias présents.
Marie-Ange Mushobekwa a pour sa part encouragé les journalistes à poursuivre leur travail avec rigueur et professionnalisme, tout en respectant les règles de l’éthique journalistique.
Depuis les premières révélations, cette affaire suscite de nombreuses réactions dans l’espace public congolais. Plusieurs voix avaient réclamé l’ouverture d’une enquête et la comparution des personnes soupçonnées devant la justice.
La présence parmi les accusés d’un haut responsable de l’ANR, considéré comme proche de l’entourage du président Félix Tshisekedi, est perçue par certains observateurs comme un test pour la crédibilité et l’indépendance de la justice militaire en République démocratique du Congo.
Les prévenus sont notamment poursuivis pour torture et incitation de militaires à poser des actes contraires à la loi.
Joël Tshim’s







