L’audience de mardi devant la Haute Cour militaire a été marquée par la déposition du lieutenant-général Fall Sikabwe, entendu comme témoin dans le dossier impliquant le général Philémon Yav Irung. À la barre, il a affirmé que l’officier ferait partie d’un groupe de hauts gradés congolais considérés par le Rwanda comme des cibles à neutraliser.
Des noms cités devant les juges
Selon le témoin, six officiers supérieurs seraient concernés. Outre le général Yav, il a mentionné les lieutenants-généraux, dont Constant Ndima, ainsi que d’autres officiers ayant occupé des fonctions stratégiques au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Fall Sikabwe a expliqué que certains de ces responsables militaires seraient perçus comme appartenant à une ligne dure vis-à-vis de Kigali. Il a également évoqué des événements remontant à la fin des années 1990, rappelant l’implication de plusieurs officiers lors des affrontements qui avaient secoué Kinshasa à cette période.
L’accusation rejette la thèse
Le ministère public a contesté cette lecture des faits, estimant que l’argument d’une menace extérieure ne saurait exonérer le prévenu des soupçons qui pèsent sur lui. Pour l’accusation, la procédure doit se concentrer sur les faits reprochés et les éléments matériels versés au dossier.
En réponse, la défense a soutenu qu’aucune preuve tangible ne démontre l’existence de relations compromettantes entre leur client et des responsables rwandais. Les avocats dénoncent des allégations non étayées.
Un officier au parcours stratégique
Arrêté en septembre 2022, le général Philémon Yav Irung avait été affecté, deux ans plus tôt, à la tête de la troisième zone de défense dans l’est du pays, couvrant notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri, le Maniema et la Tshopo, des provinces régulièrement confrontées à des tensions sécuritaires.
Surnommé « le Tigre », il figure parmi les officiers généraux issus de l’espace Grand Katanga. Le débat autour de son arrestation s’inscrit également dans un contexte politique où certaines voix dénoncent une marginalisation de cadres militaires originaires de cette région une accusation que l’armée congolaise rejette, affirmant agir exclusivement dans le cadre de la loi.
Joël Tshim’s







