RDC : un député propose une taxe de 5 % sur les jeux de hasard pour renflouer les caisses de l’État

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Le cadre légal régissant les jeux de hasard et d’argent en République démocratique du Congo pourrait bientôt connaître une réforme majeure. Le député national Willy Mishiki Buhini, élu du territoire de Walikale (Nord-Kivu), a déposé, mercredi 11 février, une proposition de loi à l’Assemblée nationale afin de mieux structurer un secteur en pleine expansion.

À travers ce texte, l’élu entend clarifier les mécanismes de perception des redevances et autres contributions issues des activités liées aux jeux d’argent. L’objectif affiché est de permettre à l’État congolais de capter efficacement les revenus générés par ce marché lucratif, dont une part importante échapperait encore au Trésor public.

Pour Willy Mishiki, la législation actuelle ne garantit pas un contrôle rigoureux de ce secteur devenu particulièrement attractif, notamment dans les milieux urbains populaires. Il met en garde contre les conséquences sociales de la prolifération des jeux de hasard, soulignant que de nombreux citoyens sombrent dans la dépendance, avec des répercussions directes sur leur situation économique.

Le député inscrit également son initiative dans le cadre des engagements internationaux de la RDC, notamment ceux liés au partenariat stratégique conclu avec les États-Unis, qui prévoit un renforcement des mécanismes de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Parmi les principales innovations proposées figure l’instauration d’une taxe de 5 % sur le chiffre d’affaires des opérateurs du secteur. L’élu plaide aussi pour une réforme en profondeur de la Société nationale de Loterie, en s’inspirant de modèles étrangers, comme celui du Canada, où la loterie contribue significativement au financement de projets sociaux, notamment les logements sociaux.

Selon ses estimations, une meilleure organisation du secteur pourrait permettre à l’État congolais de mobiliser près de deux milliards de dollars et de sécuriser davantage les circuits financiers liés aux jeux d’argent.

Mathieu Kayemba

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