Le Conseil interreligieux congolais (CIC) a réitéré, ce mardi 10 février, son attachement à la tenue d’un dialogue national inclusif, qu’il considère comme un instrument clé pour l’instauration d’une paix durable en République démocratique du Congo.
Conduite par son président, l’archevêque supérieur des Communautés unies du Réveil (CUR), Dodo Kambala, une délégation du CIC a été reçue par le secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation, le professeur André Mbata. Les échanges ont essentiellement porté sur les conditions indispensables à l’organisation d’un dialogue capable de fédérer les forces vives du pays autour d’un consensus national.
À cette occasion, le CIC a présenté son projet de création d’une Commission Vérité et Réconciliation. Cette structure aurait pour mission d’établir les responsabilités liées aux actes commis dans le pays et de promouvoir un processus de réconciliation nationale. Inspirée du modèle sud-africain, cette initiative vise à permettre aux différents acteurs de reconnaître leurs responsabilités et d’envisager des mécanismes de réparation.
Tout en affirmant son soutien au dialogue, Dodo Kambala a toutefois insisté sur la nécessité de définir des préalables clairs. « Nous sommes favorables au dialogue, mais nous plaidons pour une certaine exclusivité, dans la mesure du possible, afin d’aboutir réellement à une paix durable », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’un cadre maîtrisé pour éviter toute instrumentalisation du processus.
Le président du CIC a également rappelé le rôle central des confessions religieuses dans cette démarche. « En tant que religieux, c’est notre mission de balayer le chemin », a-t-il affirmé, estimant que les églises et communautés religieuses ont la responsabilité de rapprocher les acteurs et de faciliter l’émergence d’un dialogue sincère et apaisé.
À l’issue du processus de vérité et de réconciliation, le CIC n’exclut pas la possibilité de solliciter, « dans la mesure du possible », une mesure de grâce auprès du Président de la République en faveur de certaines personnes, comme un geste fort en faveur de la cohésion nationale.
Mathieu Kayemba







