Le procès de l’opposant Parole Kamizelo Kasudi risque de basculer dans une crise procédurale. Dans une correspondance adressée ce lundi 9 février au président du tribunal de paix de Kinshasa/Ngaliema, où il est jugé, le prévenu, actuellement détenu, annonce son intention de récuser l’ensemble de la Chambre. Il accuse la juridiction de partialité manifeste et de manquements graves aux garanties constitutionnelles du procès équitable.
Selon lui, les audiences des 28 janvier et 4 février 2026 ont révélé une série d’irrégularités rendant « toute confiance légitime impossible » dans la neutralité de la juridiction. Parole Kamizelo évoque un préjugé défavorable, une partialité apparente et un défaut de protection du prévenu par la Chambre.
Avant d’engager formellement la procédure de récusation, il met la juridiction en demeure de se déporter volontairement, estimant qu’un tel geste serait conforme à l’intérêt supérieur de la justice et à la crédibilité de l’institution judiciaire. À défaut, il prévient qu’il exercera dès la prochaine audience son droit légal et constitutionnel de récusation contre tous les juges de la Chambre.
Parmi les motifs invoqués, il cite le maintien, au sein du Ministère public, d’une magistrate qui l’aurait précédemment verbalisé dans un cadre qualifié d’illégal au Conseil National de Cyber Défense (CNC). Selon lui, l’absence de réaction de la Chambre face à cette situation constitue une atteinte directe au principe d’impartialité objective.
Il reproche également à la juridiction d’avoir toléré l’exploitation de procès-verbaux d’audition contestés malgré la demande formelle de la défense visant leur exclusion, ce qui, selon lui, équivaut à valider des preuves entachées de nullité. S’y ajoute un climat d’intimidation durant les audiences, marqué par la présence massive d’agents du CNC, sans intervention de la présidence pour en assurer le contrôle.
Le prévenu dénonce enfin le silence de la Chambre face à des propos du Ministère public qu’il juge attentatoires à la présomption d’innocence, notamment l’assimilation de son appartenance politique au PPRD à un élément de culpabilité, avant toute décision judiciaire.
Face à ces éléments, Parole Kamizelo estime que les conditions juridiques pour récuser la Chambre sont réunies et consignées par écrit. La prochaine audience pourrait ainsi être consacrée non plus au fond du dossier, mais à l’examen de sa requête, une procédure susceptible de suspendre le cours normal du procès.
Mathieu Kayemba






