La République démocratique du Congo affiche des résultats encourageants dans l’exécution des réformes structurelles prévues dans son programme avec le Fonds monétaire international. Dans son rapport relatif à la deuxième évaluation du programme, l’institution financière internationale salue le respect des principaux engagements, tout en alertant sur la fragilité des mécanismes institutionnels censés garantir leur durabilité.
Sur l’ensemble des repères structurels examinés, la quasi-totalité a été réalisée conformément au calendrier initial. Seul un jalon a connu un décalage limité, tandis que les objectifs à caractère continu ont été respectés. Pour le FMI, cette performance traduit une capacité d’exécution appréciable des autorités congolaises dans un contexte économique et sécuritaire contraint.
Les réformes mises en avant concernent principalement l’amélioration des circuits de la dépense publique, l’évolution du cadre budgétaire vers davantage de déconcentration, le renforcement des instruments de pilotage monétaire, ainsi que l’optimisation des outils d’anticipation des revenus issus des industries extractives.
Le rapport relève toutefois un retard dans la mise en œuvre généralisée de la facturation normalisée de la taxe sur la valeur ajoutée. Bien que cette réforme n’ait pas été finalisée dans les délais prévus, le FMI note des avancées concrètes, avec un déploiement engagé à partir de la seconde moitié de l’année 2025 et une obligation d’application fixée pour la fin de la même année. Ce décalage illustre les contraintes techniques et administratives auxquelles se heurtent les réformes fiscales d’ampleur.
Au-delà des indicateurs chiffrés, l’institution met l’accent sur des insuffisances structurelles persistantes. Plusieurs chantiers clés, notamment en matière de gouvernance économique, de transparence et de cadre juridique, demeurent inachevés ou insuffisamment consolidés par des textes législatifs pérennes.
Le FMI appelle ainsi à un renforcement durable de la gestion des finances publiques, à une réduction des mécanismes exceptionnels de dépense et à une amélioration des dispositifs de contrôle et de suivi budgétaire.
L’analyse souligne également que les progrès observés reposent largement sur des décisions administratives et des initiatives de l’exécutif. Si cette approche favorise la rapidité d’exécution, elle limite la solidité institutionnelle des réformes en l’absence d’un ancrage législatif plus profond.
En définitive, le FMI estime que les avancées enregistrées contribuent à préserver la crédibilité du programme économique en cours, malgré un environnement marqué par des pressions sécuritaires et budgétaires. La consolidation de ces acquis dépendra toutefois de la capacité des autorités à transformer des mesures techniques en réformes structurelles pleinement institutionnalisées.
Joël Tshim’s







