RDC : Moïse Moni Della appelle Félix Tshisekedi à une décrispation politique urgente

You are currently viewing RDC : Moïse Moni Della appelle Félix Tshisekedi à une décrispation politique urgente

Dans une lettre ouverte rendue publique ce 30 janvier 2026, le président des Conservateurs de la Nature et Démocrates (CONADE), Moïse Moni Della, interpelle directement le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’il qualifie de « compagnon de lutte ». L’ancien cofondateur de l’UDPS plaide pour une amnistie générale, afin d’apaiser un climat politique qu’il juge de plus en plus préoccupant.

Le ton de la missive se veut à la fois fraternel et grave. S’appuyant sur leur passé commun au sein du combat démocratique mené sous le leadership d’Étienne Tshisekedi, Moïse Moni Della se dit « profondément meurtri » par ce qu’il considère comme une recrudescence des atteintes aux libertés fondamentales et des pratiques répressives susceptibles de fragiliser l’unité nationale. Il met en garde contre les risques de fragmentation du pays, évoquant une possible « yougoslavisation » de la République démocratique du Congo.

Pour sortir de la crise qu’il qualifie de « multiforme », le leader de la CONADE propose au Chef de l’État une série de cinq mesures urgentes :

la libération des prisonniers politiques, journalistes et défenseurs des droits humains ;

le retour sécurisé des exilés politiques ;

la restitution des biens confisqués ;

le rétablissement effectif des libertés publiques, notamment d’expression, de réunion et de manifestation ;

l’arrêt des poursuites judiciaires jugées arbitraires contre certaines figures politiques.

Selon Moïse Moni Della, le Président de la République dispose de l’outil juridique adéquat pour concrétiser cette démarche, à travers une ordonnance présidentielle instituant une amnistie générale, présentée comme un levier essentiel de réconciliation nationale.

En annexe de sa lettre, l’auteur joint une liste de cas emblématiques qu’il estime concernés par cette décrispation. Celle-ci comprend 25 personnalités politiques en exil, parmi lesquelles Moïse Katumbi, Joseph Kabila, Matata Ponyo, Franck Diongo, Seth Kikuni et Corneille Nangaa.

La liste mentionne également des détenus politiques, dont Ngoie Mulunda et Kovo Ingela, et appelle à la levée définitive des restrictions judiciaires visant certaines personnalités bénéficiant d’une liberté provisoire, notamment Mike Mukebayi et Salomon Kalonda Della.

Rappelant l’esprit du dialogue politique facilité par la CENCO en 2016, Moïse Moni Della estime qu’un dialogue inclusif et participatif demeure indispensable. Il propose d’y associer, aux côtés de l’Église catholique, d’autres forces morales du pays, notamment les confessions musulmane et kimbanguiste, ainsi que les Églises de Réveil.

« Faire le contraire, c’est renier la lutte héroïque que nous avons menée pour la démocratie », avertit-il, avant de conclure sa lettre par la devise de son parti : « Dieu, Nature, Homme et Démocratie ».

Reste à savoir si cet appel lancé par un compagnon historique de la lutte démocratique trouvera un écho favorable au Palais de la Nation, alors que la tension politique demeure vive à travers le pays.

Loule Kitoko

Laisser un commentaire