Kinshasa asphyxiée : quand fumer en public étouffe le droit des autres à respirer

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À Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, un comportement de plus en plus banalisé suscite l’indignation de nombreux citoyens : fumer en pleine rue ou dans des espaces publics bondés, sans considération pour l’impact sur autrui. Depuis plusieurs mois, la pratique s’intensifie, notamment aux heures de pointe, dans les taxis et bus, les marchés, aux arrêts de transport en commun ou encore dans les passages piétons.
Dans ces lieux très fréquentés, certains allument leurs cigarettes comme s’ils étaient seuls. Chauffeurs, receveurs, passagers… tous contribuent à une atmosphère jugée irrespirable par de nombreux Kinois.

« Fumer sur la place publique, c’est inadmissible. Celui qui allume sa cigarette ne fume jamais seul. Il impose sa fumée à tout son entourage, y compris aux enfants et aux personnes malades », dénonce Guylain Ngenji, étudiant à l’Université de Kinshasa (UNIKIN).

Le jeune universitaire rappelle les dangers du tabagisme passif.

« Même sans fumer, respirer la fumée fait de vous un fumeur passif. Les poumons absorbent les mêmes substances toxiques : goudron, monoxyde de carbone, nicotine. À long terme, cela peut provoquer des maladies respiratoires, cardiaques, voire des cancers. », a t-il ajouté.

Face à cette situation, beaucoup préfèrent le silence. Jacquie Cibaka confie éviter toute confrontation.

« Ça m’étouffe, alors je m’éloigne. Je n’interpelle pas, parce que ces gens répondent souvent mal. Pour éviter les insultes, je choisis de me taire. » ,un malaise largement partagé.

Même constat chez Yada Esangu, habitant du quartier Terre Jaune.

« Avant, l’odeur ne me dérangeait pas. Mais depuis que j’ai appris que respirer cette fumée revient à fumer inconsciemment, j’évite ces personnes », explique-t-il

Et d’ajouter :

« Quand on leur fait une remarque, ils réagissent mal. L’État doit vraiment prendre ses responsabilités. »

Dans les taxis, les marchés ou aux arrêts de bus, les non-fumeurs se disent souvent impuissants. Femmes enceintes, enfants, personnes âgées ou malades chroniques se retrouvent exposés à la fumée, sans véritable moyen d’y échapper.

Pourtant, malgré les risques largement documentés du tabagisme passif, aucune réglementation stricte ne semble réellement appliquée pour encadrer cette pratique dans les espaces publics.
Ces voix citoyennes traduisent une urgence : celle de protéger le droit fondamental de respirer un air sain. Entre sensibilisation, sanctions et responsabilité collective, la balle est désormais dans le camp des autorités.

Caroline Kaja

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