Est de la RDC: HRW dénonce une flambée des violences sexuelles, plus de 80 000 victimes recensées

Human Rights Watch (HRW), en collaboration avec l’organisation congolaise SOFEPADI, a publié ce lundi 12 janvier 2026 un rapport alarmant faisant état d’une hausse spectaculaire des violences sexuelles dans l’est de la République démocratique du Congo.

Selon les données du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), plus de 80 000 cas de viol ont été enregistrés entre janvier et septembre 2025, soit une augmentation de 32 % par rapport à la même période en 2024.

Ces deux organismes dénoncent l’utilisation systématique des violences sexuelles comme arme de guerre, notamment par le groupe armé AFC/M23, accusé d’être soutenu par le Rwanda, ainsi que par d’autres forces armées actives dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Le rapport met en lumière l’ampleur et la diversité de ces atrocités. Les viols sont perpétrés dans des contextes variés : attaques ciblées contre des communautés, prises d’otages, violences en milieu rural, sur les lieux de travail ou encore lors des déplacements forcés des populations.

Cette recrudescence des violences sexuelles intervient dans un contexte de dégradation du soutien aux survivantes. Human Rights Watch dénonce notamment les coupes soudaines de l’aide américaine intervenues début 2025, qui ont entraîné la réduction, voire la suppression, des soins médicaux d’urgence et des kits de prophylaxie post-exposition (PEP). Ces traitements, essentiels pour prévenir le VIH et les grossesses non désirées, doivent pourtant être administrés dans les 72 heures suivant l’agression.

En outre, le contrôle de vastes zones par le M23 dans le Nord et le Sud-Kivu complique fortement l’acheminement de l’aide humanitaire, privant ainsi des milliers de victimes d’une assistance vitale.

Face à cette situation critique, Human Rights Watch et SOFEPADI appellent la communauté internationale, les autorités congolaises et les acteurs humanitaires à agir de toute urgence afin de protéger les civils, rétablir les services essentiels et traduire les auteurs de ces crimes en justice.

Caroline Kaja

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