Uvira : l’insécurité persistante de l’AFC/M23 prolonge la fermeture des écoles

Les activités scolaires demeurent suspendues dans la ville d’Uvira et ses villages périphériques, dans la province du Sud-Kivu, en raison d’une situation sécuritaire toujours préoccupante. Cette paralysie du secteur éducatif fait suite à la récente offensive des éléments de l’AFC/M23, qui a conduit à la prise de la ville d’Uvira ainsi que de plusieurs localités environnantes.

Face à ce climat d’insécurité, de nombreux parents préfèrent faire preuve de prudence et refusent d’envoyer leurs enfants à l’école.

« La sécurité n’est toujours pas garantie. J’ai du mal à envoyer mes enfants à l’école », confie une mère rencontrée sur place. Un autre parent affirme que, jusqu’à ce vendredi, aucune école n’avait encore rouvert ses portes dans la ville.

Pourtant, au niveau national, la reprise officielle des cours était fixée au 6 janvier 2026, après les vacances des festivités de fin d’année. À Uvira et dans son territoire, cette reprise reste conditionnée au rétablissement effectif de la sécurité.

« Nous avons lancé un appel demandant aux parents de ne pas envoyer leurs enfants à l’école tant que la paix ne sera pas revenue », indique un militant d’un mouvement citoyen actuellement en déplacement.

La crise sécuritaire a également entraîné d’importants déplacements de populations. De nombreux parents et élèves ont fui Uvira pour se réfugier au Burundi, en Tanzanie ou encore dans la province du Tanganyika. Selon une source locale, près de 70 % des enseignants auraient traversé la frontière vers le Burundi pour se mettre à l’abri.

Dans plusieurs écoles de la ville d’Uvira et de la plaine de la Ruzizi, les élèves n’ont pas pu achever la deuxième période scolaire ni passer les examens, en raison des affrontements récurrents signalés dans les villages situés le long de la route nationale numéro 5 (RN5). Cette situation compromet déjà le respect du calendrier scolaire national.

Malgré les appels répétés au retrait de l’AFC/M23 de la ville, les éléments de ce mouvement demeurent présents à Uvira et empêchent toute tentative des forces loyalistes de reprendre le contrôle de la cité, maintenant ainsi la population, et particulièrement les élèves, dans une incertitude totale.

Kanoba Obadias

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