L’annonce du retrait des combattants de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, suscite de fortes réserves au sein du gouvernement congolais. Ce mercredi 18 décembre, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a publiquement exprimé ses doutes quant à la crédibilité de cette déclaration, appelant à une vérification indépendante sur le terrain.
Face aux affirmations du mouvement rebelle, Patrick Muyaya s’est interrogé sur plusieurs points essentiels : « Qui peut le vérifier ? Où partent-ils ? Combien étaient-ils ? Que laissent-ils derrière eux ? ». Il a également fait état de rumeurs préoccupantes, évoquant notamment l’existence possible de fosses communes ou la présence de combattants rebelles dissimulés parmi les civils. Pour le gouvernement, cette annonce s’apparente à une initiative unilatérale visant, selon ses termes, à « sauver le Rwanda », que Kinshasa accuse de soutenir le M23. Les autorités congolaises réitèrent ainsi leur exigence d’un retrait total et effectif de toutes les forces rwandaises du territoire national.
L’annonce du retrait intervient dans un contexte de pressions diplomatiques accrues, notamment de la part des États-Unis. Dans un communiqué, l’AFC/M23 affirme répondre favorablement à une demande américaine, indiquant que le mouvement de ses forces hors d’Uvira est en cours et devrait s’achever d’ici le lendemain.
De son côté, le président de l’AFC/M23, Bertrand Bisimwa, a appelé les médiateurs et partenaires internationaux à veiller à ce que la ville d’Uvira ne fasse l’objet ni de représailles ni d’une remilitarisation après le départ de ses combattants.
L’ambassadrice des États-Unis en République démocratique du Congo, Lucy Tamlyn, a confirmé que le dossier est suivi de près par les plus hautes autorités américaines. Elle a assuré que Washington poursuivra ses efforts diplomatiques auprès de l’ensemble des parties impliquées afin d’éviter une nouvelle escalade du conflit dans l’Est du pays.
Malgré ces déclarations, la prudence reste de mise. Les autorités congolaises, les acteurs humanitaires et les populations locales attendent des preuves concrètes du retrait annoncé, ainsi que des garanties solides en faveur d’une stabilisation durable. Sur le terrain, la situation demeure fragile et incertaine.
Caroline Kaja







