Alors que l’attention médiatique se concentre sur les nouveaux accords de paix et les initiatives diplomatiques, il est crucial de rappeler une réalité souvent négligée : le conflit en République démocratique du Congo, qui dure depuis plus de trente ans, n’est pas le fruit du hasard. Derrière cette tragédie se cache un agenda géopolitique ancien, soutenu par des puissances étrangères.
Mingiedi Mbala N’zeteke Charlie Jephthé, activiste et notable de Madimba, l’affirme dans une tribune récente. Selon lui, des documents déclassifiés, des rapports parlementaires américains, ainsi que des analyses géopolitiques et des témoignages convergent vers une conclusion inquiétante : les États-Unis ont joué un rôle déterminant dans l’escalade du conflit.
Dans les années 1990, sous l’administration Clinton, Washington aurait soutenu, directement ou indirectement, les régimes rwandais et ougandais impliqués dans la région. Le diplomate et chercheur souligne :
Les États-Unis ont couvert diplomatiquement les interventions rwandaises et ougandaises sur le sol congolais ;
Ils ont toléré, voire encouragé, le soutien militaire et stratégique aux forces régionales ;
Leur silence face aux crimes de guerre et violations humanitaires a contribué à l’enracinement d’un conflit prolongé.
Dès 1995, des notes internes du Département d’État et du Pentagone mentionnaient la nécessité de remodeler la région des Grands Lacs, en plaçant Kigali et Kampala au cœur de cette nouvelle architecture stratégique. La chute du régime de Mobutu et la prétendue « guerre de libération » de 1996 ne seraient ainsi que des opérations sous-traitées depuis le Rwanda, tacitement approuvées par Washington, motivées par l’accès aux ressources stratégiques du Congo.
Pour M. Jephthé, toute tentative de construire une paix durable sans revisiter cette histoire et sans désigner les responsabilités internationales serait vouée à l’échec. « La paix commence par la vérité. Et la vérité exige courage et mémoire », conclut-il.
Josue Lelo







