Le procès portant sur les traitements dégradants infligés à Honorine Porshe par des militaires congolais s’est poursuivi ce mardi à la cour militaire de Kinshasa/Gombe, après une première audience tenue lundi.
Au cours de cette nouvelle session, le président de la chambre a annoncé la comparution prochaine de la victime, Honorine Porshe. Celle-ci sera entendue à huis clos, une mesure prise pour garantir un procès équitable et préserver sa dignité, compte tenu de la sensibilité du dossier et du caractère humiliant des vidéos diffusées.
Selon la Cour, une méthodologie scientifique sera adoptée afin d’assurer la protection et l’intégrité psychologique de la victime.
Les débats ont notamment porté sur deux vidéos compromettantes.
La première, enregistrée par le colonel Mumesa, constitue une violation des consignes militaires interdisant la diffusion d’images opérationnelles.
La seconde, filmée par l’adjudant Kamenga, montre Honorine Porshe en tenue déchirée et soumise à des traitements dégradants, alors qu’elle bénéficiait encore de la présomption d’innocence.
À la barre, le colonel Mumesa a reconnu avoir transmis sa vidéo « à titre de rapport » à sa hiérarchie, citant le commissaire provincial de Kinshasa, Israël Kantu, ainsi que les commandants de la 14ᵉ région militaire et de la Task Force.
De son côté, l’adjudant Kamenga a expliqué avoir d’abord filmé la scène pour un usage personnel, avant d’être contraint par ses supérieurs, les capitaines Ongawi et Mwamba, à leur remettre la séquence.
Le président de la chambre a longuement interrogé les prévenus afin d’éclaircir les circonstances de ces actes, considérés comme portant atteinte à la dignité humaine et à la discipline militaire.
Josué Lelo







